Cher Léon
Cher Léon
Par Manuela Wyler
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18 avril 2016 à nos Marie-Christophe, Bochra, Souad, Nana, Tatatoune et Anne

Cher Léon , Cher Grand-Papa,

Ce matin, j’évoquais ma séance de récurage en rentrant du summer camp espagnol, ça n’a été qu’un des nombreux souvenirs ou pour remplacer nos mères, nos cousines et nous avons été prises en charge, nourries, soignées, lavées, emmenées chez le médecin, etc . par des femmes qui n’étaient ni nos mères ni nos sœurs ni nos tantes mais des membres un peu à part de la famille. Nos employées de maisons. Chez nous si quelqu’un utilisait le mot « bonne » ou « bonniche » il se prenait une baffe avec élan, avec ou non le diamant de la bague de fiançailles en marque de passage. Chez nous pas de ça.

Nous avions et nos mères et nos pères aussi le plus grand respect pour ces dames, souvent arrivées demoiselles chez nous, qui nous ont essuyés les lèvres et les fesses, qui ont partagé nos rires, nos pleurs, nos amours nos peurs au cinéma, nos premiers exploits à ski ou à cheval, pour certaines la naissance de nos premiers nés. Nous avions la plus grande affection pour elles, celles qui nous chérissaient, plus que les heures qu’elles passaient à notre service, elles qui nous accompagnaient où nous devions aller, nous cherchaient, ont appris à conduire pour nous. Je ne vais pas parler de toutes mais de ma Nana (pas celle de Lizzie) , mon Anne celle qui est arrivée dans notre famille lorsque j’avais 6 ans, celle qui me surnommait « Finnella », du nom de la clocharde du quartier, parce que je refusais de me faire coiffer, parce que plus que tout j’étais débraillée, parce que je devais aussi déjà avoir un caractère bien trempé.

Voilà Grand papa, tu te souviens d’elle maintenant, la fille au chignon bien coiffé de 1966, la fille de cette famille nombreuse mennonite, ces protestants traditionalistes. Ces gens avec une morale et un sens du bien et du mal. C’était Anne, qui m’a fait découvrir sa famille, sa sœur qui travaillait au Haut-Commissariat aux réfugiés, une de mes héroïnes, son frère Jean-Pierre qui était en classe avec ma cousine, les autres et sa sœur jumelle qui n’était pas une sainte mais je m’éloigne. Chez son mari, j’ai ramassé des betteraves pour la première fois, pas de la betterave rouge non de la grosse pour le sucre. Une vie différente. Son mari Jean-Paul plus tard nous a aidé à déménager , nous avons tellement ri, tellement fait de blagues ensemble qu’il faudrait un livre entier pour la remercier. Alors ce soir mon Anne, en souvenir de tous ces moments, de nos chagrins, de nos parties de rigolade je te parle ici et je rappelle la mémoire de Tatatoune , la reine du tricot et du crochet, la reine des emplâtres et des bandages, la championne du monde de la gelée de groseille et de la tonte de gazon. Nos rires quand les lits se sont effondrés à la Plagne, mes pleurs quand tu m’as sortie de l’hôpital de Chamonix, tout cela Anne c’est à nous rien qu’à nous. Je t’embrasse et passe-moi les kleenex une dernière fois, je n’ai plus de pull à pleurer, je les ai donnés à mes filles.

Sans vous, nous aurions été des enfants perdues. Grâce à vous et à votre amour, nous avons pu devenir des femmes et nos filles ont pu apprendre avec nous ce qu’est une mère.

Merci Anne

Merci Tatatoune et merci aux autres qui sont dans ce titre.

 

1 Commentaire

  1. Rychen Anne

    18 avril 2016 - 16 h 35 min
    Reply

    ma chère  » finnela  » je ne pleure pas, j’ai tant d’années qui se bousculent dans ma tête , des rires,des émotions,( ta fugue à Paris …) ,Clarence, (rikiki-pousse-pousse) moins apprécié par nos hommes. Le départ de ta maman là j’étais une fontaine !!, ton mariage, la naissance de tes enfants, les « barmitzwa » de tes fils, le centre de mise en forme, vacances en montagne avec la Dyane turbo 6h Zimmersheim-La Plagne !!! J’arrète là alors que j’en ai encore plein d’autre, que je t’AIME …

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