30 avril 2016 le jour

Cher Grand-Papa, Cher Léon

Hier était une mauvaise journée, enfin pas si mauvaise que ça mais une journée où la fatigue était le fait marquant du jour. Une fatigue d’un genre nouveau, rien à voir avec la chimio ou la vie sous hormono. Bref il existe tant de types de fatigues que je pourrais en faire une étude mais je n’ai pas de temps à perdre.

Le temps se rétracte tu sais Grand-Papa, le bruit des nouvelles du monde m’arrive assourdi et ça me convient aussi. Cette période que je ne pensais pas vivre est remplie de joies et de petits bonheurs. Avoir le temps de refermer les pages des livres restés ouverts, dire au revoir aux amis, ranger et trier , jeter l’inutile et le superflu c’est mon luxe, celui de ma mort annoncée mais qui n’arrive pas encore. Quand elle viendra elle me surprendra peut-être.

Ce matin j’ai dormi tant et plus par tranches d’une demi-heure, comme si mon corps rattrapait le sommeil qui a fui depuis l’annonce, du coup à l’heure où je t’écris j’ai un peu de répit.

Je me demande si pour Addy et son coeur malade il en était de même. de 1943 à 1948 elle savait qu’elle risquait à chaque battement de son coeur de s’éteindre, elle savait et pourtant elle a continué à décider et à vivre jusqu’au bout de son chemin. Dans une lettre de 48 elle est à Genève et s’excuse auprès de Lizzie pour la visite trop courte à son école, mais se justifie en disant qu’il fallait qu’elle rentre au calme. Comme je la comprends, ce besoin impérieux de vivre en retrait du monde, j’ai le même. Je laisse peu de monde entrer ici, dans mon nid . Toute sortie est une expédition et parfois une épreuve. Un arrachement. Tu comprends cher Léon?

Lundi j’ai une distraction au programme, je vais devoir stocker un peu d’énergie. Je t’embrasse et espère pouvoir venir demain. Je te laisse cette petite lettre me fatigue les yeux qui ne supportent plus grand chose et je vais aller les fermer encore un peu.

 

 

 

 

 

29 avril 2016 : 1942 -1943 Maplewood et South Orange une parenthèse

De toutes les années en Amérique celles de ses douze et treize ans ont été les meilleures se souvenait, Lizzie, les yeux parfois embués par les souvenirs.

Elle expliquait dans le désordre  l’apprentissage de l’autonomie, la fin de l’école élémentaire, les débuts en Middle School au début avec Jojo qui y traînait encore, les sorties chez Grunnings le glacier, les parties de patin sur l’étang gelé en bas de Beech Spring Road, le train pour Penn Station qu’elle avait le droit de prendre seule pour rejoindre ses parents ou les Faroll ou les Dreyfus à Manhattan, les taxis ou le métro. A treize ans à peine cette sensation de liberté. La compréhension de la guerre et les angoisses de sa soeur. L’insouciance de son frère et son envie de s’engager dans l’armée. Des années complètes et pourtant une parenthèse refermée sur l’Europe, l’oubli de la langue française, l’oubli de la France pour elle et la totale préoccupation des parents et grands-parents qui ne vivaient ne parlaient que France et retour. Son père, toi cher Léon, qui ne parlait que citoyenneté et nationalité. La sécurité de la famille était ce qu’il t’importait et alors que les allemands et les japonais étaient internés à Fort Meade vous accueilliez des militaires français, vous les logiez dans ce qui avait été le premier logement d’Emmanuel et Berthe. Tu voulais que le patriotisme des français soit reconnu. La fidélité à la France de Gaule pas celle de Pétain que tu haïssais. Tu avais su pour les rafles de l’été 1942, Paris en juillet puis le Sud en août.Tu disais

Ils commencent avec les juifs étrangers mais n’ayez crainte ils vont continuer avec les israélites français.

Tout en surveillant Alice, toujours ce manque de confiance, vous la laissiez libre de guider les marins de Fort Meade dans la ville, libre de sortir danser avec eux. Addy était malade et ses soins et examens médicaux la retenait à Manhattan dans le nouvel appartement ou à l’hôpital où Oncle Camille la faisait suivre par d’autres médecins spécialisés.

Avant l’attaque sur Pearl Harbor, la guerre faisait rage et déjà la menace croissante avec l’Europe et le Japon, les plans américains étaient déjà en cours pour l’internement des ennemis étrangers . La Loi sur  l’enregistrement des étrangers de  1940 exigeait que tous les étrangers de 14 ans et plus à se faire enregistrer auprès du gouvernement. Ce que fit la famille . Ce que l’armée n’avait pas prévu cependant, était un énorme afflux de prisonniers capturés de guerre détenus dans la zone continentale des États-Unis. Fort Meade est devenu un lieu incontournable pour les deux types de population.

Immédiatement après l’attaque, le 7 décembre 1941, le président Franklin Roosevelt a émis des actes autorisant le gouvernement des États-Unis à détenir « des ennemis étrangers  potentiellement dangereux. » Des milliers de citoyens américains et les ressortissants étrangers vivant aux États-Unis, la plupart du temps d’origine japonaise, allemande ou italienne, ont été arrêtés.

Selon un rapport du Département de la Défense intitulé «Contexte historique: la Seconde Guerre mondiale, les Camps de prisonnier de guerre du Département des installations de défense, » les préparatifs pour la construction du premier « Alien ennemi permanent camp  » a commencé en Arizona quelques jours seulement après l’attaque sur Pearl Harbor . Par la suite, des camps d’internement ont été construits sur des installations militaires à travers le pays, y compris Fort Meade.

En Mars 1942, Fort Meade a reçu ses premiers internés, qui ont été transportés de Ellis Island dans les trains scellés avec les fenêtres noircies. Selon un mémo de 1942 du Siège Area Troisième Corps , « ce camp est d’être plus ou moins en continu utilisé comme une sorte de station de compensation» pour les internés principalement germano-américaine et italienne-américaine, mais certains Américains japonais ont également fait des arrêts sur le chemin de d’autres camps. En mai 1942, Fort Meade détenait plus de 350 personnes internées.

De tout cela Lizzie en a entendu parler mais son insouciance était à la mesure de son âge, la pré-adolescence a ses priorités qu’une guerre de l’autre côté de l’Atlantique ou du Pacifique ne peut perturber bien longtemps.

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28 avril 2016 : Et si Alice ou l’hypothèse de la vie

Cher Grand-Papa, Cher Léon,

Lorsque je pense à Alice, la plupart du temps ma réflexion commence par la question « et si Alice » , je te livre ici quelques une de mes questions et des réponses , n’y vois rien d’autre qu’un exercice pour entraîner ma pensée, le temps des reproches est depuis longtemps révolu.

Et si Alice n’avait pas pu embarquer pour les Etats-Unis ?

Alors  la famille l’aurait peut-être laissé avoir cet enfant, sa vie à quatorze ans aurait été largement impactée, comment expliquer une grossesse et un enfant à votre milieu, aurait-on inventé une grossesse fictive d’Addy, sa mère et Alice aurait-elle eu le choix. Et Si on avait cherché qui était l’homme qui avait abusé de sa candeur et de son ignorance, du manque d’amour et de son insécurité en cette période d’exil. L’aurait-on mariée à cet homme, était-ce un homme de la famille. Je te vois hausser les sourcils Léon, il n’y en a qu’un d’homme dans cette famille en dehors de toi, et pourquoi pas ? La nature des hommes est parfois trompeuse, quelque soit l’hagiographie qui en est faite il subsiste ici une zone d’ombre.

Et si Alice avait été juste une enfant un peu paumée?

Si après son arrivée à New York, on ne l’avait pas médicalisée aurait-elle développé, malgré tout, les signes de la manie dépressive? Les thérapies dont elle a « bénéficié » ne l’ont-elles pas plutôt desservi. Aurait-elle juste été cette fille intelligente qui participait activement à la vie se sa High School, souriante et bienveillante, un brin mélancolique les soirs d’hiver quand la nuit tombe tôt et qu’un garçon la ramène sur son vélo de temps en temps. La fille joyeuse qui sort de chez Grunnings un cornet de glace à la main un soir d’été pour s’asseoir au bord de l’étang en bas de sa rue.  Je ne le sais pas. Je ne le saurais jamais.

Et Si Alice avait juste été tétanisée par l’idée de la mort de sa mère

Et que sa soif de vivre elle l’avait passée avec ce garçon un peu fruste, ce moniteur de ski Suisse, agriculteur l’été qui lui ouvrait ses bras. Et si vivre avec l’idée de perdre sa mère était juste insupportable, si ne plus la revoir constituait une idée qu’elle ne pouvait tolérer. Et Si Alice était juste désespérément vivante et que ce deuxième bébé était le fruit d’une réflexion et non d’un malheureux hasard. Pourquoi ne pas lui avoir laissé cette chance après tout elle venait d’avoir vingt-deux ans et déjà elle était considérée comme incompétente alors qu’elle était majeure. Elle a obéi, ne s’est pas enfuie, elle a courbé l’échine, mais elle a rompu et a choisi de disparaître plutôt que de continuer à vivre avec vous. Elle est morte contre vous dans un ultime pied de nez à vos valeurs. Prendre sa vie pour en avoir détruit une tout le contraire de nos valeurs, cher Grand-Papa. Tu as du te poser ces questions. Elles ont du te ronger et Addy aussi, peut-être que la mort d’Alice a accéléré la fin de ta chère épouse. Peut-être que cela a définitivement rompu quelque chose entre Lizzie et Jojo, cette connivence de leur enfance en exil. Peut-être qu’Alice en prenant sa vie, de son propre choix s’est juste émancipée de vous. De vous tous.

Et si Alice était la plus libre des femmes de cette famille

Bien avant moi et mes fugues, bien avant moi il y a eu Alice et grâce à elle mes coups de canifs dans le contrat non écrit de la famille sont presque passés inaperçus, Il aura fallu que j’y mette du mien pour dépasser ce qu’elle avait débuté, l’émancipation des femmes de cette famille. Alice ma tante que je n’ai pas connue, je t’aime aussi pour cette liberté.

Voilà Grand-Papa, il est trop tôt ce matin, mais c’est mon heure. Repose-toi bien, je viendrai ce soir ou demain, je ne peux pas encore prévoir ce que sera cette journée. Je t’embrasse sur ton front bien crémé et parfumé. Un baiser qui claque comme on les fait chez nous en guise d’au revoir. Tu me caresses la main et me disant ça ira, ni toi ni moi ne savons si tu parles de toi ou de moi et c’est mieux comme ça.

27 avril 2016 Bon anniversaire Lucie

Cher Léon, Cher Grand -Papa

En vrai tu t’appelais Yehuda fils d’Emmanuel, en vrai c’est à dire à la synagogue et sur ta ketouba et sur ta tombe en vrai, c’est ce qu’il reste cher Grand-Papa. Ce qu’il reste aujourd’hui de toi c’est trois générations qui portent ton souvenir et de ça tu peux être fier tu as eu trois enfants, deux sont mortes avant toi et ton fils est parti trop tôt. Tous tes petits enfants sont encore vivants et les aînés ont soixante ans, tu disais  » n’importe qui a quarante ans, » n’importe qui à soixante ans aussi. Je vais bientôt mourir mais au delà de ma disparition et de ma génération il reste encore deux autres générations. Ni la guerre ni la vie n’a réduit ta descendance. Comme Abraham tu as semé cher Léon et aujourd’hui c’est l’anniversaire d’une petite fille qui a deux ans. Pourquoi j’en parle aujourd’hui? Peut-être pour que sa mère lui raconte notre histoire, alors qu’elle attend un second enfant, c’est ma nièce une fille de mon frère, tu sais Léon les deux petites sont nées après ton départ. En tout tu as eu onze arrières petits-enfants et aujourd’hui la génération suivante en est à treize arrière-arrière-petits-enfants tous en bonne santé et deux annoncés pour l’été, n’est-ce pas merveilleux? Il y en a un qui porte ton nom Léon, je ne l’ai jamais rencontré parce que je suis malade mais je sais qu’il est beau et qu’il sera bon.

Je t’embrasse grand -papa je reviendrai demain

Une collection d’archives

Voilà aujourd’hui je n ‘ai rien d’autre à te raconter j’ai pris une décision concernant ma collection d’archives et je vais la communiquer ici :

Depuis vingt ans que je travaille sur les réfugiés juifs en  Europe de l’Ouest j’ai constitué une belle collection d’archives thématiques et cohérentes ainsi que des bases de données nominatives issues de l’indexation de ces archives.
Aujourd’hui, alors que ma fin est annoncée se pose la question de la pérennité de ce fond documentaire et de sa communicabilité. J’ai décidé de les faire déposer après ma mort au Mémorial de la Shoah à Paris avec mes bases de données d’indexation afin de les rendre accessibles aux chercheurs et aux familles. Le mémorial a accepté ce dépôt et s’emploiera à le rendre accessible après inventaire.
Mes collections et mes livres liés à la généalogie juive et à l’étude du judaïsme resteront pour le moment dans la famille.
Si le coeur vous en dit , plutôt que de faire un don à une association de lutte contre le cancer, vous pouvez faire un don au mémorial de la Shoah en spécifiant pour la conservation des archives http://don.memorialdelashoah.org/do…
Ce travail comme vous le savez a donné un sens à mon existence plus que la lutte perdue contre la maladie. Ma famille continuera à maintenir mes sites web dont Jewishtraces qui va continuer à s’enrichir grâce à mon amie et ancienne collaboratrice Laurence Prempain.
Je vous remercie pour votre soutien durant toutes ces années sur les projets divers qui m’ont nourris et que j’ai porté.

 

26 avril 2016 : dans la cuisine

Cher Grand-Papa, Cher Léon

Je suis en retard ce matin, d’abord parce que j’ai bien dormi, enfin bien dormi c’est presque sept heures de sommeil ce qui pour moi et particulièrement ces dernières semaines représente un exploit de grasse matinée. Du coup réveillée en forme sans même l’expérience de la vision double qui est mon lot chaque matin, je me suis précipitée en cuisine.

Oui tu me connais , cuisinière du matin en ce moment je ne fais pas de confitures, la saison n’est pas encore là et je ne pense pas la voir cette année, à mon plus grand regret, alors je passe mon énergie sur la confection d  gâteaux que tout le monde ici mange d’un bel appétit, ce qui me rassure. Cuisiner pour eux c’est ce qu’il me reste. Ce matin j’ai préparé un coffee cake à la sour cream avec un glaçage au cream cheese, un souvenir d’Amérique  et un pudding au pain bien français que je sers avec une crème anglaise. Tu vois Léon des douceurs comme tu les aimais aussi. Oui je sais Pessah n’est pas terminé mais cette année je suis exemptée (par moi même) et en vertu de mon code personnel je mange du hamets on verra bien si cela m’est reproché plus tard.

La table c’était chez toi et avec toi de grands moments de régal et vers la fin de ta vie , on lisait la joie sur ton visage lorsque nous allions déjeuner ou dîner dans tes restaurants favoris. Nos restaurants favoris. On y mangeait soit du raffiné comme la sole homardine ou le caneton mulard au citron de chez Bernard Begat dans ce lieu magique qu’était le moulin du Kaegy ou à Riedisheim chez Kieny où tu aimais prendre un turbot et un soufflé glacé au grand -Marnier. Tu ne disais pas non à un repas d’asperges à la maison ou à Neuf-Brisach et comme c’est la saison j’en ai prévu pour ce soir je vais les servir avec un reste de langue de boeuf fumée et de Pickelfleisch du weekend ( regarde en dessous je te donne la recette de grand-mère Yvonne). Mais nous aimions aussi le jambon, cette partie casher du jambon, comme on disait en blaguant.J’avais fait un Matzekugel pour Pessah, tu aurais aimé j’en sûre je l’ai fait avec des pruneaux et des raisins. Ils ont tout mangé et j’ai dû en refaire un le lendemain pour le seder du deuxième soir.

Bref la cuisine c’est notre territoire préféré, on y parle et on y raconte les histoires des plats tout en les confectionnant. la cuisine et la salle à manger deux zones de dialogues et de joie. Si par hasard il existe quelque chose de l’autre côté je te ferai à manger, tu verras j’ai bien progressé dans cette vie depuis l’époque où je faisais du croquant maison et des Tzemetkuche du dimanche.

J’espère que tu as faim, cher Léon, parce que quand je suis en forme, je produis à la chaîne.

Je t’embrasse mon cher Grand-Papa je dois aller surveiller le pudding au four.

Recette du Pickelfleisch

 

Le Pickelfleisch se fabrique avec du boeuf que l’on place en saumure avant de le cuire. Cette recette nécessite de s’y prendre 2 semaines à l’avance et d’avoir un peu de place dans le réfrigérateur.

Le Pickelfleisch se consomme chaud sur de la choucroute ou froid et trouve sa place dans les sandwichs. Le plus célèbre d’entre-eux est le Reuben dont l’origine est contreversée, mais à mon goût le meilleur est celui de chez Schwartz à Montréal avec la version locale : la smoked meat.

Le pickelfleisch n’est pas fumé c’est le pastrami qui l’est.

En Alsace le pickelfleisch se sert chaud sur de la choucroute. C’est le plat principal du festin de Pourim. Celui que j’ai fait cuire cette semaine a servi à faire des sandwichs Bagels-Coleslaw maison -raifort-cornichons mais on peut aussi utiliser du pain au cumin au carvi , des bagels aux oignons, ajouter un peu de tahine, du caviar d’aubergines, des poivrons marinés…bref être inventif.

  • Ingrédients
    2 kg de poitrine de boeuf ou d’un morceau à braiser
    1 oignon
    7 gousses d’ail
    6 cuillères à soupe de gros sel
    2 grosses pincées de salpêtre ( à commander chez votre pharmacien)
    2 sucres
    6 clous de girofles
    8 baies de genièvre
    1 cuillère de poivre en grain
    Préparation
    Hachez grossièrement l’oignon et les gousses d’ail

Mélangez avec les sels les épices et le poivre, roulez la viande dans ce mélange, puis la placer dans une grande boite type Tupperware, couvrir d’eau. Fermer et mettre au frais pendant 15 jours en ayant soin de la retourner tous les deux ou trois jours. Sortir la viande du récipient , bien la rincer la mettre à cuire dans une cocotte en la couvrant d’eau pendant au moins deux heures.

Pour la consommer froide la laisser refroidir dans le bouillon puis la trancher à la machine le plus finement possible.

Une fois cuit cela peut se congeler sans souci , si vous choisissez de congeler les tranches n’oubliez pas de les séparer avec un papier sulfurisé ou alimentaire, les congeler à plat puis faire vos sachets avec le nombre de portions souhaitées.

Pour la choucroute coupez de belles tranches de Pickel et posez les sur votre plat de service au dessus du choux et des saucisses avec les pommes de terres sautées à la graisse d’oie…

Si vous avez du mal à vous procurer du salpètre qui ne se vend que par 30 g depuis quelques années, demandez à votre charcutier du sel nitrité. Ces deux ingrédients donnent un bel aspect rosé à la viande en saumure