Cher Léon
Cher Léon
Par Manuela Wyler
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3 mai 2016 : Un hôtel et des vieux juifs allemands

Cher Léon, cher Grand-Papa

Tout commence par une lettre du 29 juin 1944 signifiant que Lizzie est déjà partie en Summer camp et que la correspondance estivale de 1944 va reprendre.

On y apprend outre les considérations météorologiques de New York que Emmanuel et Berthe terminent leurs valises à New York pour monter prendre l’air et la fraîcheur loin de la ville dans les Catskills, les Vosges d’ici. Deux semaines à l’hôtel puis vous les rejoindrez dans un lodge avec les enfants qui arriveront dans le désordre, un parfum des vacances d’Adelboden d’antan. Vous les rejoindrez si la guerre n’est pas finie, si il ne faut pas rentrer. Léon a déjà dit qu’il ne rentrerait pas tant que Berlin n’était pas tombée.

Vient une lettre du 12 juillet, il fait toujours chaud

Dans le journal du 18 juillet 1944 il y a un titre du New York Times sur les destructions coordonnées des voies ferrées par la résistance et par les bombardiers alliés qui coupent le ravitaillement des forces nazies le long d’un arc allant de la Belgique au sud de la vallée du Rhône. Cette journée vous ravit , le front est large en France et vous espérez une libération rapide du territoire, même si la bataille de Normandie n’est pas encore achevée. Vous avez lu quelques jours plus tôt des nouvelles de l’assassinat de Georges Mandel et cette nouvelle là vous a plongé dans un épisode de désespoir, jamais les nazis ne capituleront, ils veulent la mort de tous les juifs, tous jusqu’au dernier même dans la défaite.

Aujourd’hui les britanniques ont franchi l’Arno en Italie, là-bas aussi l’armée allemande recule mais le terrain escarpé autour de Florence ne rend pas les opérations de libération de Florence facile, vous reparlez de vos voyages en Toscane sur les routes et dans une auberge différente chaque nuit. Addy a les yeux perdus dans ses souvenirs, une larme roule sur sa joue, tu lui tiens la main.Tu soupires.

Plus loin l’avertissement de Gen Dwight D. Eisenhower à l’Allemagne affirmant que les patriotes résistants français sont considérés comme faisant partie des armées des Alliés en France a apporté une réplique à Berlin qui de son côté déclarait hier, que tous les Français étaient liés par l’armistice franco-allemand et que ceux qui ont refusé de se conformer à ses conditions serait traités en conséquence. La guerre des communiqués fait rage aussi.

Lizzie est en Summer Camp comme chaque été désormais, elle a maintenant quatorze ans, Alice dix neuf et Jojo dix sept, il part au College au courant du mois d’août, guerre ou non il doit finir ses études.

Il va partir au Perkonnen College en Pennsylvanie, un collège ancien

6 Aout 1944 Elisabeth est en summer camp elle doit rentrer deux semaines plus tard – Ady parle d’opération après Noël , et dit que les alliés sont dans l’estuaire de la Loire.

Voilà Grand-Papa les nouvelles de l’été 1944, ici c’est le printemps, le muguet est passé, j’en ai cueilli, le lilas embaume et une première rose est éclose. De celles dont je faisais de la gelée pour Shavuot. Mais cette année pas de gelée de roses. Je me souviens que tu te lavais le visage à l’eau de roses et les paupières à l’eau de bleuets. Pourquoi ces souvenirs là restent alors que d’autres fuient.

Je t’embrasse Grand-Papa avec une dernière photo d’Alice vers 1929  que j’ai retrouvée, un grand tirage que je vais essayer de faire encadrer pour le préserver encore quelques années des outrages du temps. Elle y est tellement lumineuse au milieu des hortensias.

2016-05-01 11.38.49

 

 

1 Commentaire

  1. Fournel

    3 mai 2016 - 12 h 50 min
    Reply

    Bonjour Manuela,

    Je travaille la nuit, et dès mon retour à la maison, je viens vous rejoindre chez ce « cher Léon » et c’est un bonheur chaque fois de vous entendre et de vous lire, avec la peur de ne plus vous retrouver.

    De « Léon » je ne connais que « Bérard » pour un « Carlo infiltrant » il y a 10 ans. J’ai lu votre livre d’une traite.

    J’apprends aussi qu’on peut faire de la gelée de coquelicots, de roses et bien d’autres choses. A demain.

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