Cher Léon
Cher Léon
Par Manuela Wyler
Aperçu du livre
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4 mai 2016 : des nouvelles d’ici

Cher Grand-Papa, Cher Léon

Ce matin je vais te donner de mes nouvelles et te parler dans mon micro avant de t’écrire.

 

photot interview
Dans le jardin

Et puis après lundi, mardi est venu. Toujours heureuse de me réveiller et de penser #EUPBJ* en entamant une journée vierge comme une page blanche. Mon cerveau redémarre mieux ces derniers jours, c’est fragile et c’est plaisant de ne plus attendre comme du temps où les ordinateurs chargeaient leur système d’exploitation et que tu avais le temps de te rendre à la machine à café, papoter avec tes collègues et enfin revenir pour entrer ton mot de passe de session pour entamer ta journée de travail. Là je reboote rapidement pour rester dans le langage du domaine informatique. Donc hier, la journée de mardi était inscrite dans mon agenda avec un rendez-vous de suivi au Centre de lutte contre le cancer où je suis soignée, où j’étais soignée plutôt puisque aujourd’hui nous ne sommes plus dans le traitement mais dans le palliatif. On gère les symptômes et cela suffit. Après un long inventaire de mes soucis physiques et les solutions adaptées que l’on me propose nous avons constaté que le traitement est adapté et que nous avons de la marge selon la progression prévue de la maladie. Naturellement nous avons abordé à nouveau la question de ma fin de vie. J’ai changé mon fusil d’épaule à ce sujet, il n’y aura donc que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Je tiens toujours à maîtriser le  » quand je pars » mais j’ai changé d’avis sur le  » où je pars » et ai choisi d’être hospitalisée le moment venu dans une unité de soins palliatifs pour essayer de continuer à conserver ma dignité et à protégée ma famille de ma dégradation si elle survient, quand elle surviendra. La fin peut-être moche, je préfère les préserver d’un dernier souvenir où le spectacle ne serait pas très réjouissant à base de défaillances corporelles. Il est plus à craindre que ma tête ne parte en premier mais c’est une raison pour prévoir le pire, ne trouves-tu pas? Toi as toujours prévu le pire pour t’en prémunir et ça a bien réussi ta politique. Alors je vais faire pareil pour terminer avec tout leur amour pas avec un épisode avilissant. L’hôpital ce sera.

Hier pour finir une note plus légère j’ai encadré la photo d’Alice, celle d’hier qui était privée d’un écrin depuis trop d’année. Elle a désormais un joli cadre de bois blanc et un apsse partout à l’ancienne. J’en suis heureuse, elle est si jolie notre Alice sur le mur à nous regarder de ses yeux clairs.

Aujourd’hui j’ai de la visite de prévue, ce sera encore une bonne journée. Je t’embrasse grand-papa, et te dis à demain peut-être, à demain sûrement, aussi sûrement que peut-être nul ne peut prévoir.

Demain soir commencera Yom Ha Shoah, une journée que j’aime aussi malgré la tristesse, le souvenir est chose tendre

 

 

*Encore Une Putain de Belle journée (tous droits réservés à Fréderic Aznar de là où il est)

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