Cher Léon
Cher Léon
Par Manuela Wyler
Aperçu du livre
Photo book

Bonus 5 avril La jolie maman de Jorge

Cher Grand-papa,

Ce matin je suis passée mais tu dormais, un peu gros, le mensonge, mais j’essaie quand même.
Ce matin je suis passée en douce par la porte de service celle qui mène à la cuisine, j’ai fait mon café et j’ai commencé à écrire, sans préambule. Et donc je reviens ce soir, à l’heure d’avant, à l’heure de maman. C’était une bonne journée, calme sur le front de la maladie, paisible. Ton arrière petite fille m’a fait un album photo de notre weekend du 28 mars, tu sais les photos de mon amie Laurence, cette fille épatante que tu aurais aimé aussi. Elle rit fort avec son cœur énorme et ses belles dents blanches, elle est fine comme une lame et te vole dans son objectif. Oui encore une Laurence, la vie est pleine de surprises les mauvaises je les ai enterrées loin, je garde les bonnes, les bonnes copines et les bonnes surprises.

J’ai une histoire mignonne qui m’arrive à l’instant, un effet retard qui date de plus de trois semaines. Tu te souviens de ma curiosité, Léon, tu me disais d’arrêter de me retourner au restaurant pour regarder les gens. Mon homme me dit de ne pas écouter les conversations des gens, et surtout, de ne pas intervenir. Je ne vais plus au restaurant. Mais rien n’a changé. Alors l’autre jour alors que j’allais voir le dernier né de la tribu et ses mamans j’ai entendu une maman raconter l’histoire des trois petits cochons d’une manière originale et je lui ai demandé si elle économisait pour les séances d’analyse du petit, on a ri et puis ..

Je vais lui laisser la parole, elle s’appelle Anne elle est belle comme un cœur qui bat et c’est une histoire de rencontres

« Bonjour,
Je viens de découvrir votre site via un site d’actu, de me poiler grâce à votre humour, d’être émue par vos confidences, et là je tombe sur votre photo et reconnais cette femme charmante croisée dans un avion Easyjet Lyon/Bordeaux le 14 mars dernier. C’était bien vous, n’est-ce pas ? Moi je suis la mère du petit Jorge à qui je racontais l’histoire des petits cochons une rangée derrière vous.
Voilà, ce petit mot juste pour vous saluer, pour vous souhaiter bon courage face à la maladie, car je crois comprendre que ça ne va pas fort ces jours-ci… Vous dire surtout mon admiration pour votre combat contre les cons. Anne,  Une femme de caractère, comme vous – une emmerdeuse, quoi. »

Elle ne savait pas qu’un très vieux monsieur plus vivant depuis longtemps allait la lire, parce que sinon ne t’inquiètes pas dans l’avion elle était très polie, la jolie maman de Jorge.

Voilà tu souris Léon, je savais que cela te plairait, la vie est pleine de surprises, il suffit de se parler et d’écouter.

Je t’embrasse Grand-papa, à demain.

P.S. J’embrasse aussi la jolie Maman de Felix, la-haut dans son Nord glacé, mais elle sait que je l’aime et elle doit sauver sa peau d’un cancer rose, cousin du mien.

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