Cher Léon
Cher Léon
Par Manuela Wyler
Aperçu du livre
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mercredi 20 avril 2016 : Quitter ce pays, sortir d’Egypte et manger

Quitter ce pays
Nous sommes deux jours avant le début de Pessah, deux jours avant un nouveau départ.
Hier j’ai bien cru à nouveau que c’était moi qui partait, tous ces changements d’états me rendent perplexes et c’est déstabilisant. Finalement ce matin retour à une normalité. J’ai abandonné un médicament et repris l’ancien. L’ancien marche bien.
Que dire d’Alice en ces jours avant Pessah, comment célébriez-vous le Seder en Amérique, nul ne doute que vous faisiez les deux seder des deux soirs de fêtes, nul ne doute que vous alliez au moins une fois à la synagogue. Oncle Camille était -il un adepte de la méthode longue du récit où, comme nous aujourd’hui, une version du récit de la sortie plus courte, plus gaie et plus adaptée aux jeunes convives. En tout cas c’est ce que je fais ici. Lizzie chantait-elle le Manishtana car elle était la plus jeune ?
Les enfants posaient les questions, qui répondait ? Votre exil modifiait-il vos réponses. Je pense que oui.
Ce que j’aime dans la sortie d’Egypte racontée chaque année ce sont les chants qui ponctuent les grandes étapes, j’aime particulièrment Ehad mi yodea

c’est tonique pédagogique et cela met une bonne ambiance à table.
J’ai découvert ce chant non pas à la maison mais lors des seder communautaires et une reprise par une compagnie de danse israélienne a achevé de me convaincre

de la joie à l’état pur.
Alice et Lizzie auraient adoré danser.
Cette année nous serons tous réunis à nouveau, avec vous en toile de fond j’ai fait retirer des photos d’archives pour les albums phot des enfants, le mien est à jour.
Tu y es en bonne place cher Grand-Papa
Parler de Pessah sans parler de cuisine c’est impossible alors je te donne mes recettes. Parce que manger ensemble et transmettre les recettes c’est aussi oeuvre de mémoire.
Trois recettes de Pessah

Fritadas de poireaux

Commençons par une petite gourmandise les fritadas de poireaux (faut aimer les poireaux) que tu peux adapter avec des oignons nouveaux .

Ingrédients

  • 2 beaux poireaux de printemps bien tendres
    3 oeufs,
    de la farine de matsa,
    sel, poivre et huile de pépins de raisins ou d’olive.
    Laves tes poireaux tranchés à l’eau vinaigrée, égoutte, sèche avec un torchon (propre), fais chauffer un peu d’huile dans une poêle et fais suer tes poireaux, tu peux ajouter un peu d’eau et couvrir.

Dans un saladier, mélanges au fouet ou à la fourchette les oeufs, ajoutes la farine de matsa jusqu’à obtenir une pâte un peu épaisse, assaisonne et ajoute tes poireaux étuvés.

Avec une cuillère formes des petits beignets, que tu feras cuire dans la poêle avec une huile bien chaude, aplatis et retournes . Quand ils sont cuits passes-les sur un essuie tout, déguste tout de suite ou maintiens-les au chaud au four doux.

Matzekugel de grand-mère Rachel
( la grand-mère de mon homme)

Cette grand-mère n’était pas la mienne et tant mieux elle n’était pas gentille, gentille mais avait des excuses son Jules de mari s’était barré avec la dot qu’il avait perdu au jeu pendant qu’elle était enceinte. Elle n’était pas gentille mais son matzekugel était bon.

La recette est vague pour les proportions alors laisse aller ton instinct. Je te donne les proportions pour 6.

Je te précise que bien que ce soit sucré le matzekugel se sert en accompagnement d’un plat salé ça n’est pas un dessert. Autre précision il faut compter 4 à 5 h pour qu’il soit bon. Bref une recette de grand-mère.

Ingrédients

  • 1/2 paquet de matsot fines ( pas de la galette séfarade)
    4 oeufs
    4 cuillères de graisse d’oie
    1 gros oignon haché
    sel, poivre, gingembre moulu, muscade
    50 g de sucre
    1 paquet de pruneaux d’Agen dénoyautés
    Matériel une cocotte en fonte ou un plat à four épais ( pour une fois tu peux prendre un Pyrex ou de la céramique)

Tremper les matsot dans un saladier d’eau froide , égoutter dans une passoire et presser pour extraire l’eau.

Hacher l’oignon.

Dans un saladier battre les oeufs ajouter la graisse d’oie à température, et mélanger assaisonner, ajouter les oignons et les matsot, mélanger à la main.

Graisser votre plat et répartissez la préparation, enfournez pour deux heures à 180°. Ajoutez un verre d’eau. Au bout de deux heures votre Kugel ressemble à  quelque chose de bon
Démoulez-sur un plat, dans le moule répartissez les pruneaux,retournez-le kugel et remettez à cuire pour deux bonnes heures, ajoutez si besoin un peu d’eau, si il dore trop couvrez avec de l’aluminium.

Grand-mère Rachel le faisait cuire six heures au coin du feu. Il était cramé tout le monde adorait. Sa belle fille, cramait les haricots et son petit fils n’aime que les haricots un peu brûlé.

Pour le seder je n’avais pas de pruneaux je l’ai fait avec des raisins et des pommes

Kugel de pommes de terre

Là tu fais l’unanimité des patates des oignons tout le monde aime. Enfin ici

Ingrédients pour 10 ou pour deux kugels

  • 2 kg1/2 de pommes de terre
    2 gros oignons
    4 oeufs
    2 cuillères de graisse d’oie
    Sel, poivre, noix de muscade
    Préparation :

Éplucher et râper finement les oignons et les pommes de terre.
Rajouter les oeufs, la graisse d’oie. Assaisonner et mélanger le tout.
Enfourner immédiatement dans un grand plat préalablement graissé pour deux heures à 200°

Sinon tu as la recette du kugel aux poires

 

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