Cher Léon
Cher Léon
Par Manuela Wyler
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25 avril 2016 : un petit point sur la guerre

Cher Léon, Cher Grand-Papa

Si on revenait aux nouvelles de la guerre en ce mois de juillet 1943. En parallèle aux préparatifs du déménagement, vous lisez les nouvelles et êtes accrochés à la radio dans l’attente des communiqués sur la progression des alliés en Sicile. La page deux du New-York Times reproduit l’ensemble des communiqués des forces militaires de l’Axe et des Alliés sur tous les fronts de guerre. Mais pas une ligne sur ce qu’il se passe à l’est de l’Europe. Pourtant gare de Bobigny, le départ du convoi 57 a eu lieu le 18 juillet.  La veille du départ, les détenus désignés pour la déportation étaient parqués dans une partie du camp réservée aux partants. Dans les escaliers, avant de partir, beaucoup inscrivaient des graffitis sur les murs ou écrivaient une dernière lettre à leurs proches.

« 18 juillet, depuis la veille nous sommes parqués dans l’escalier 22, en quarantaine, sans contact avec les autres. Nous avions été appelés, priés de ramasser toutes nos affaires et de rejoindre l’escalier 22. La nuit s’est passée dans les chambres de cet escalier que nous avions peint il y a quelques jours. Dans ces chambres nous dormons à même le sol. Tôt le matin, rassemblement dans la cour interdite aux autres détenus. Derrière la grille du camp, des camions attendent pour nous amener à la gare de Bobigny. » Gabriël Bénichou Déporté le 18 juillet 1943 par le convoi n° 57

Les convois quittaient généralement la gare de Bobigny le matin. Ils commençaient par rejoindre la grande ceinture pour prendre la direction du noeud ferroviaire de Noisy-le-Sec et de la voie de l’Est. Le trajet vers Auschwitz durait près de cinquante-cinq heures. Enfermés dans les wagons, les déportés n’étaient que rarement approvisionnés en eau. Selon les saisons, ils souffraient aussi du froid ou de la chaleur étouffante

Trajet des convois établi selon les horaires des convois fixés le 1er novembre 1943. © Serge Klarsfeld, Calendrier de la persecution des Juifs en France / LM Communiquer pour la ville de Bobigny
Trajet des convois établi selon les horaires des convois fixés le 1er novembre 1943.
© Serge Klarsfeld, Calendrier de la persecution des Juifs en France

Le vaste complexe d’Auschwitz-Birkenau, constitué de trois camps s’étendant sur plusieurs kilomètres, est en 1943, au moment où les convois arrivent de Bobigny, le principal centre d’extermination des Juifs d’Europe. Il dispose depuis peu de quatre nouvelles installations de gazage perfectionnées, intégrant des crématoires éliminant immédiatement les cadavres : des usines modernes de meurtre pouvant gazer jusqu’à 2 000 personnes en même temps et brûler 4 800 corps.

Tout cela vous allez l’apprendre assez vite et la détresse de vos cousins restés en Europe , va devenir la vôtre à distance.

Pendant ce temps à Alger libérée, de Gaule continue à mettre en place des mesures de rajeunissement des cadres de l’armée et le ménage dans les nominations de fonctionnaires en Afrique 

La poitrine de Jane Russell défie la commission de censure dans le film le banni, the Outlaw ,d’Howard Hugues et vous vous en amusez. Après Casablnca Bogart revient dans un nouveau film sur la guerre en Atlantique Nord, Michelle Morgan est dans un film 2 tickets for London.  Les enfants sont en camps de vacances, rentrent et repartent. Addy est de plus en plus malade. Un été 43 toujours animé sur tous les fronts. Emmanuel continue d’aller jouer aux cartes à Brooklyn et explore avec un annuaire téléphonique qui son ses cousins d’Amérique, Berthe se risque à chercher ses Bloch et les voir tous deux, penauds au téléphone parler allemand et parfois s’allumer dans leurs yeux une joie malicieuse à la nouvelle que le Benjamin à qui ils parlent est un bien un cousin fils d’un Léopold ou d’un Jules, te ravit le coeur cher Léon quand tu racontes à Addy ta journée sur le perron, en dégustant ton scotch importé d’Ecosse.

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illustration haut de page : Berthe et Emmanuel 

1 Commentaire

  1. lina

    25 avril 2016 - 20 h 09 min
    Reply

    Bonjour cher Léon, je lis votre histoire depuis quelques jours et je suis avec attention l’histoire de tous les vôtre (Addy, Alice, … et Manuella). Vos histoires (à tous) me passionnent. Merci de nous permettre de découvrir à travers elles la petite histoire et la grande Histoire.. Merci,merci encore merci.

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